Prix de Gaulle 2024 | Rencontre avec Balla Fofana

Prix de Gaulle 2024 | Rencontre avec Balla Fofana

Dans le cadre du Prix de Gaulle 2024, en partenariat avec la Librairie La Page, le Lycée a eu le privilège d'accueillir au CDI l'écrivain et journaliste Balla Fofana pour discuter de son roman La prophétie de Dali (Editions Grasset).

IMG 1886 OK2Il a pu échanger avec les élèves de Seconde abordant divers aspects tels que le processus d'écriture, son expérience en tant que journaliste et écrivain, le bilinguisme ou la situation politique au Mali.

Certains d'entre eux racontent "Après cette conférence, je me sens beaucoup plus motivé et j'éprouve beaucoup plus de confiance en moi-même." ; "Balla Fofana a prononcé une phrase qui m'a beaucoup fait réfléchir : "il n'existe pas de personne inintéressante mais il faut trouver la personne qui vous trouve intéressant. "

Retrouvez un article rédigé par Poppy T-B (élève de 2de8) en cliquant ici et découvrez l'interview réalisée par Lucille P. et Louise R V. (élèves de 2de4), Jeunes Reporters ci-après :


Expliquez-nous pourquoi vous avez donné comme titre à votre roman “La prophétie de Dali” ?

J’ai décidé de donner ce titre parce que je pense que Dali, qui est une griotte, et qui a vraiment existé dans ma vie, sa prophétie a été déterminante. C’était le plus grand encouragement que j’ai eu de ma vie dans un moment où les choses étaient très compliquées: je vivais un exil, à l’école ça n’allait pas forcément bien, et dans ma famille aussi parce que ma classe de perfectionnement faisait que je subissait des moqueries même à la maison. Et ça été la personne qui, parce qu’elle a dit, me faisait voir que c’était possible d’entrevoir autre chose et que même que pour moi, qui était un “perfectionnement” - donc imaginait être l’élève le plus nul de la terre - , c’était possible de s’en sortir. Et du coup, la question que même moi je n’ai pas résolue c’est est-ce que c’est parce qu' elle a fait cette prophétie que ça s’est fait, ou alors c’est parce que moi j’y ai tellement cru, et j’ai mis tellement d’énergie à y croire que j’ai fait advenir la prophétie. En tout cas, ça à été le plus gros encouragement que j’ai eu, et bien sûr il y avait ma mère qui était très importante. Mais je pense que je voulais lui rendre hommage parce qu’elle est décédée en 2008, et donc elle n’a pas eu le temps de voir la prophétie advenir. Quand elle meurt, moi je suis encore étudiant. Et puis, au-delà de cet hommage, son nom, dans l’esprit des gens du monde occidental, renvoie à Salvador Dali, le peintre catalan. Je trouvais qu’en terme de titre c’était assez énigmatique et que ça pouvait intriguer des gens en disant “tiens, en pensant à Salvador Dali et sa moustache, est-ce que il a fait une prophétie ou pas ?” et donc derrière, une occasion de prendre le livre dans sa main et aussi d’aller regarder la quatrième de couverture. Donc je trouvais que ça remplissait le mystère, un peu le côté mystique, ainsi que la curiosité et l’hommage.

 

Dans votre livre, vous faites référence à cette phrase des chasseurs bambaras du Saro : “sentir, entendre, voir et se taire”, en quoi vous a-t-elle aidé au quotidien ?

Elle m’a aidé au quotidien parce qu'on est dans des sociétés de communication : quand quelqu’un ne parle pas ou se tait, les gens sont inquiets. Par exemple, si vous avez un date, et qu’il y a un silence, vous allez vous dire “ça me stresse, qu’est ce qui se passe”, et donc on a un rapport au silence qui est un peu gênant.
Comme si dès qu’il y a du silence il y a de la gêne et donc quelqu’un va vite parler pour faire du bruit, pour remplir, pour essayer de faire disparaître ça alors qu’on apprend beaucoup de choses dans le silence et qu’il apprend l’humilité. Quand on est balloté d’un environnement à un autre qui sont très différents, la phase la plus importante c’est l’observation : essayer de regarder autour de soi, voir quelles sont les dynamiques, les relations entre les gens, et essayer de réfléchir, comment, par le fruit de mon observation et de ma réflexion, moi je peux intervenir dans cet endroit là, et quel rôle je peux jouer. Ne pas dire que les gens doivent s’adapter à moi mais plutôt travailler à l’adaptabilité sur les différentes situations que j’observe. Cela demande une phase de recul, de silence et d’observation.

 

Vous avez aussi dit : “Lire c’est faire entrer dans ton coeur des personnages qui n’ont rien à voir avec toi mais qui finissent par être toi, par te changer, te faire grandir.” Quel personnage vous a le plus fait grandir ?

Je pense que Marcel Pagnol m’a fait grandir parce que c’était quelqu'un qui était un peu obsessionnel, il a toujours écrit que sur la Provence, et donc dans toute sa littérature la capitale de la France c’est la Provence, et tout se passe là bas. C’est ça aussi que je trouve magique dans la littérature : il y a des endroits, ou même des personnes, à qui on peut donner une lumière, que personne d’autre aurait fait, et on va les mettre au centre d’un univers créatif, d’un monde etc. Je trouve que la lecture, même si ça ressemble à un acte très solitaire, quelqu’un qui lit à qui on va dire “mais pourquoi tu t’isoles, viens jouer avec les autres”, me permettait de mieux comprendre les gens, de mieux comprendre mes émotions, et de travailler une sorte d’intelligence émotionnelle. Prendre en compte l’autre dans ce qu’il ressent et essayer de se mettre à sa place. La littérature m’a beaucoup aidé pour ça parce que quand on prend un livre, on fait le pari de laisser vivre au fil des pages des personnes qu’on n’a pas créées, sur lequel on a aucun ressort, aucun pouvoir, et qui vont avoir un impact dans notre vie, dans notre imaginaire, et qui vont grandir avec nous. Je trouve que tous les livres qu’on lit sont des cadeaux extraordinaires parce qu’on fait rentrer une réalité qui n’est pas la nôtre. Par exemple, pour vous, vous n’allez plus voir des personnes maliennes de la même manière qu’avant la lecture de ce livre parce que vous êtes, un peu en quelque sorte, rentrés dans l’intimité d’une diaspora, et c’est ça qui permet la lecture. Des fois, quand j'étais étudiant, je me disais “ah j’aimerais trop voyager” puis je regardais mon compte en banque et je voyais que c’était négatif. Alors je me disais “j’ai envie d’aller à Cuba donc je vais acheter un livre d’un auteur cubain et voyager à travers la littérature. Comprendre des endroits, des enjeux etc parce que ce qui est intéressant c’est les écrivains qui vont balayer leur époque, raconter leur société, et ça, ça nous fait grandir. J’estime, moi, avoir une famille littéraire aussi : pleins d’univers, pleins de personnages, que j’ai aimés, détestés, et qui m’ont permis de me forger en tant que personne.

 

Vous dites à plusieurs reprises que votre père vous a abandonné, mais il figure malgré tout parmi les personnes à qui vous dédiez ce livre, pourquoi ?

Le fait qu’il nous ait abandonné c’est une réalité. Après le livre, il s'arrête à 12 ans, un peu sur une rupture quand je parle de mon père parce que j’avais fait le défi d’écriture de raconter à hauteur de l’enfant que j’étais. Mais ma relation avec mon père n’est pas celle du livre. C’est à dire qu’entre temps j’ai dû accepter qu’il ne sera pas le père que j’imaginais, le père que tout le monde imagine, mais derrière, on a réussi à créer une autre relation. Et lire beaucoup c’est aussi comprendre l’autre : et ça a pris beaucoup de temps parce que j’ai dû travailler sur mes propres déceptions, mes propres frustrations, pour le comprendre. C’est quelqu’un qui n’a pas eu une vie facile et qui a été très courageux, sans qui on ne serait pas en France et qui s’est beaucoup investi pour lui, pour sa famille.

 

Selon vous quel impact le journalisme peut-il avoir sur le monde d'aujourd'hui ?

Je pense que l'impact du journalisme ça donne une vitrine du monde à tout le monde. Aujourd'hui on est beaucoup plus informé sur ce qui se passe partout dans le monde qu'il y a cent ans. Mais le problème de cette vitrine c'est qu’elle peut être déformante. En fait techniquement les historiens qui travaillent sur l'actualité disent qu'on a jamais vécu dans un monde autant en paix. Pourtant nous dans notre perception, c'est la guerre et c'est le chaos. Et donc, je pense qu' un des défis du journalisme va être la capacité d'annoncer des bonnes nouvelles de temps en temps. Que quand on referme un journal on n’ait pas envie de se tirer une balle. Là, le journalisme en l'état actuel c'est vrai qu'il doit dénoncer et raconter ce qui ne va pas pour informer les gens. Mais je pense qu'il a une autre mission, plus sur les initiatives qui donnent foi en l'humanité. Je pense que même quand on traite un sujet douloureux et compliqué, il va être de plus en plus important qu'on ne perde pas la notion d'espoir. Ça va être une demande de votre génération, des lecteurs, des lectrices à venir. A alimenter l'anxiété, on crée une société généralisée. Même à côté de la difficulté il y a des choses belles qui se créent, et ça va être un des enjeux importants dans les années à venir. On est des gens émotifs qui s'intéressent aux autres et qui sont beaucoup plus ouverts sur le monde qu'il y a quelques années. Si on ne veut pas que les gens arrêtent de lire, arrêtent de regarder les infos à la télévision, il va falloir travailler sur des respirations aussi tout en continuant à informer.

 

Quels conseils donneriez-vous à des jeunes journalistes qui veulent se lancer?

Ce qui est important pour moi, c'est d'aimer trois choses… Les gens d'abord, parce que c'est un métier où il faut quand même aller vers les autres, se mettre à leur place, avoir de l'empathie, les écouter. Il faut aussi aimer raconter les histoires des autres parce qu’un article peut être très puissant s'il arrive à capter l'époque dans laquelle il est, les aspirations des personnes qu'il raconte. Ça peut vraiment changer des vies et ça a un pouvoir très important en plus que d'avoir une grande responsabilité que savoir quelqu'un qui nous confie sa parole et qui la remet entre nos mains et ça demande quand même une sorte de confiance qui est importante. Enfin, il faut être curieux, bien sûr. Le reste c'est des techniques qu'on apprend et sur lesquelles ont progresse.

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Dans le cadre du Prix de Gaulle 2024, en partenariat avec la Librairie La Page, le Lycée a eu le privilège d'accueillir au CDI l'écrivain et journaliste Balla Fofana pour discuter de son roman La prophétie de Dali (Editions Grasset).

IMG 1886 OK2Il a pu échanger avec les élèves de Seconde abordant divers aspects tels que le processus d'écriture, son expérience en tant que journaliste et écrivain, le bilinguisme ou la situation politique au Mali.

Certains d'entre eux racontent "Après cette conférence, je me sens beaucoup plus motivé et j'éprouve beaucoup plus de confiance en moi-même." ; "Balla Fofana a prononcé une phrase qui m'a beaucoup fait réfléchir : "il n'existe pas de personne inintéressante mais il faut trouver la personne qui vous trouve intéressant. "

Retrouvez un article rédigé par Poppy T-B (élève de 2de8) en cliquant ici et découvrez l'interview réalisée par Lucille P. et Louise R V. (élèves de 2de4), Jeunes Reporters ci-après :


Expliquez-nous pourquoi vous avez donné comme titre à votre roman “La prophétie de Dali” ?

J’ai décidé de donner ce titre parce que je pense que Dali, qui est une griotte, et qui a vraiment existé dans ma vie, sa prophétie a été déterminante. C’était le plus grand encouragement que j’ai eu de ma vie dans un moment où les choses étaient très compliquées: je vivais un exil, à l’école ça n’allait pas forcément bien, et dans ma famille aussi parce que ma classe de perfectionnement faisait que je subissait des moqueries même à la maison. Et ça été la personne qui, parce qu’elle a dit, me faisait voir que c’était possible d’entrevoir autre chose et que même que pour moi, qui était un “perfectionnement” - donc imaginait être l’élève le plus nul de la terre - , c’était possible de s’en sortir. Et du coup, la question que même moi je n’ai pas résolue c’est est-ce que c’est parce qu' elle a fait cette prophétie que ça s’est fait, ou alors c’est parce que moi j’y ai tellement cru, et j’ai mis tellement d’énergie à y croire que j’ai fait advenir la prophétie. En tout cas, ça à été le plus gros encouragement que j’ai eu, et bien sûr il y avait ma mère qui était très importante. Mais je pense que je voulais lui rendre hommage parce qu’elle est décédée en 2008, et donc elle n’a pas eu le temps de voir la prophétie advenir. Quand elle meurt, moi je suis encore étudiant. Et puis, au-delà de cet hommage, son nom, dans l’esprit des gens du monde occidental, renvoie à Salvador Dali, le peintre catalan. Je trouvais qu’en terme de titre c’était assez énigmatique et que ça pouvait intriguer des gens en disant “tiens, en pensant à Salvador Dali et sa moustache, est-ce que il a fait une prophétie ou pas ?” et donc derrière, une occasion de prendre le livre dans sa main et aussi d’aller regarder la quatrième de couverture. Donc je trouvais que ça remplissait le mystère, un peu le côté mystique, ainsi que la curiosité et l’hommage.

 

Dans votre livre, vous faites référence à cette phrase des chasseurs bambaras du Saro : “sentir, entendre, voir et se taire”, en quoi vous a-t-elle aidé au quotidien ?

Elle m’a aidé au quotidien parce qu'on est dans des sociétés de communication : quand quelqu’un ne parle pas ou se tait, les gens sont inquiets. Par exemple, si vous avez un date, et qu’il y a un silence, vous allez vous dire “ça me stresse, qu’est ce qui se passe”, et donc on a un rapport au silence qui est un peu gênant.
Comme si dès qu’il y a du silence il y a de la gêne et donc quelqu’un va vite parler pour faire du bruit, pour remplir, pour essayer de faire disparaître ça alors qu’on apprend beaucoup de choses dans le silence et qu’il apprend l’humilité. Quand on est balloté d’un environnement à un autre qui sont très différents, la phase la plus importante c’est l’observation : essayer de regarder autour de soi, voir quelles sont les dynamiques, les relations entre les gens, et essayer de réfléchir, comment, par le fruit de mon observation et de ma réflexion, moi je peux intervenir dans cet endroit là, et quel rôle je peux jouer. Ne pas dire que les gens doivent s’adapter à moi mais plutôt travailler à l’adaptabilité sur les différentes situations que j’observe. Cela demande une phase de recul, de silence et d’observation.

 

Vous avez aussi dit : “Lire c’est faire entrer dans ton coeur des personnages qui n’ont rien à voir avec toi mais qui finissent par être toi, par te changer, te faire grandir.” Quel personnage vous a le plus fait grandir ?

Je pense que Marcel Pagnol m’a fait grandir parce que c’était quelqu'un qui était un peu obsessionnel, il a toujours écrit que sur la Provence, et donc dans toute sa littérature la capitale de la France c’est la Provence, et tout se passe là bas. C’est ça aussi que je trouve magique dans la littérature : il y a des endroits, ou même des personnes, à qui on peut donner une lumière, que personne d’autre aurait fait, et on va les mettre au centre d’un univers créatif, d’un monde etc. Je trouve que la lecture, même si ça ressemble à un acte très solitaire, quelqu’un qui lit à qui on va dire “mais pourquoi tu t’isoles, viens jouer avec les autres”, me permettait de mieux comprendre les gens, de mieux comprendre mes émotions, et de travailler une sorte d’intelligence émotionnelle. Prendre en compte l’autre dans ce qu’il ressent et essayer de se mettre à sa place. La littérature m’a beaucoup aidé pour ça parce que quand on prend un livre, on fait le pari de laisser vivre au fil des pages des personnes qu’on n’a pas créées, sur lequel on a aucun ressort, aucun pouvoir, et qui vont avoir un impact dans notre vie, dans notre imaginaire, et qui vont grandir avec nous. Je trouve que tous les livres qu’on lit sont des cadeaux extraordinaires parce qu’on fait rentrer une réalité qui n’est pas la nôtre. Par exemple, pour vous, vous n’allez plus voir des personnes maliennes de la même manière qu’avant la lecture de ce livre parce que vous êtes, un peu en quelque sorte, rentrés dans l’intimité d’une diaspora, et c’est ça qui permet la lecture. Des fois, quand j'étais étudiant, je me disais “ah j’aimerais trop voyager” puis je regardais mon compte en banque et je voyais que c’était négatif. Alors je me disais “j’ai envie d’aller à Cuba donc je vais acheter un livre d’un auteur cubain et voyager à travers la littérature. Comprendre des endroits, des enjeux etc parce que ce qui est intéressant c’est les écrivains qui vont balayer leur époque, raconter leur société, et ça, ça nous fait grandir. J’estime, moi, avoir une famille littéraire aussi : pleins d’univers, pleins de personnages, que j’ai aimés, détestés, et qui m’ont permis de me forger en tant que personne.

 

Vous dites à plusieurs reprises que votre père vous a abandonné, mais il figure malgré tout parmi les personnes à qui vous dédiez ce livre, pourquoi ?

Le fait qu’il nous ait abandonné c’est une réalité. Après le livre, il s'arrête à 12 ans, un peu sur une rupture quand je parle de mon père parce que j’avais fait le défi d’écriture de raconter à hauteur de l’enfant que j’étais. Mais ma relation avec mon père n’est pas celle du livre. C’est à dire qu’entre temps j’ai dû accepter qu’il ne sera pas le père que j’imaginais, le père que tout le monde imagine, mais derrière, on a réussi à créer une autre relation. Et lire beaucoup c’est aussi comprendre l’autre : et ça a pris beaucoup de temps parce que j’ai dû travailler sur mes propres déceptions, mes propres frustrations, pour le comprendre. C’est quelqu’un qui n’a pas eu une vie facile et qui a été très courageux, sans qui on ne serait pas en France et qui s’est beaucoup investi pour lui, pour sa famille.

 

Selon vous quel impact le journalisme peut-il avoir sur le monde d'aujourd'hui ?

Je pense que l'impact du journalisme ça donne une vitrine du monde à tout le monde. Aujourd'hui on est beaucoup plus informé sur ce qui se passe partout dans le monde qu'il y a cent ans. Mais le problème de cette vitrine c'est qu’elle peut être déformante. En fait techniquement les historiens qui travaillent sur l'actualité disent qu'on a jamais vécu dans un monde autant en paix. Pourtant nous dans notre perception, c'est la guerre et c'est le chaos. Et donc, je pense qu' un des défis du journalisme va être la capacité d'annoncer des bonnes nouvelles de temps en temps. Que quand on referme un journal on n’ait pas envie de se tirer une balle. Là, le journalisme en l'état actuel c'est vrai qu'il doit dénoncer et raconter ce qui ne va pas pour informer les gens. Mais je pense qu'il a une autre mission, plus sur les initiatives qui donnent foi en l'humanité. Je pense que même quand on traite un sujet douloureux et compliqué, il va être de plus en plus important qu'on ne perde pas la notion d'espoir. Ça va être une demande de votre génération, des lecteurs, des lectrices à venir. A alimenter l'anxiété, on crée une société généralisée. Même à côté de la difficulté il y a des choses belles qui se créent, et ça va être un des enjeux importants dans les années à venir. On est des gens émotifs qui s'intéressent aux autres et qui sont beaucoup plus ouverts sur le monde qu'il y a quelques années. Si on ne veut pas que les gens arrêtent de lire, arrêtent de regarder les infos à la télévision, il va falloir travailler sur des respirations aussi tout en continuant à informer.

 

Quels conseils donneriez-vous à des jeunes journalistes qui veulent se lancer?

Ce qui est important pour moi, c'est d'aimer trois choses… Les gens d'abord, parce que c'est un métier où il faut quand même aller vers les autres, se mettre à leur place, avoir de l'empathie, les écouter. Il faut aussi aimer raconter les histoires des autres parce qu’un article peut être très puissant s'il arrive à capter l'époque dans laquelle il est, les aspirations des personnes qu'il raconte. Ça peut vraiment changer des vies et ça a un pouvoir très important en plus que d'avoir une grande responsabilité que savoir quelqu'un qui nous confie sa parole et qui la remet entre nos mains et ça demande quand même une sorte de confiance qui est importante. Enfin, il faut être curieux, bien sûr. Le reste c'est des techniques qu'on apprend et sur lesquelles ont progresse.

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