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Théorie : la croissance endogène a la cote par Denis CLERC.

 

Les théories de la croissance endogène offrent un nouvel éclairage sur l'origine et le rôle du progrès technique dans la croissance. Et en appellent à l'Etat pour assurer la dynamique économique.

 

 

Qu'est-ce qui explique la croissance économique d'un pays sur le long terme ? Depuis Adam Smith et sa Richesse des nations, les économistes en discutent abondamment. Aujourd'hui, deux analyses se disputent le terrain. La plus ancienne a été élaborée initialement par Robert Solow, économiste américain d'orientation néokeynésienne, qui a obtenu pour cela le Nobel d'économie en 1987. On la qualifie souvent d'analyse néoclassique+, car elle a été reprise par ce courant intellectuel. Elle a été aménagée (ou enrichie, comme on dit souvent) dans les années 80 pour tenir compte des critiques dont elle était l'objet. Mais une deuxième analyse tient aujourd'hui la corde dans la course des théories : c'est la " croissance endogène ", qui ouvre de nouvelles perspectives et aboutit à des conclusions non conformistes.

 

L'analyse de Solow

 

D'où vient la croissance par tête ? Du montant de capital technique investi, répond dès 1956 Robert Solow : machines, équipements, infrastructures, logiciels, etc. A partir du moment où l'investissement par tête dépasse le montant de la dépréciation+ du capital par tête existant, chaque travailleur dispose d'un équipement plus important, ou plus performant, et peut donc produire davantage. Mais, hélas !, ajoutait-il, il faut se rendre à l'évidence : quand on augmente le capital par tête, la production augmente, certes, mais pas de façon proportionnelle. Les rendements sont décroissants, tout simplement parce que ceux qui se servent des machines n'ont que deux bras et une tête : ajouter un deuxième ordinateur à celui que j'utilise déjà ne me permettra pas de multiplier par deux mon apport productif. Si bien que, à force d'augmenter le capital par tête, va venir un moment où la production par tête augmentera moins que cela ne coûte, car il faut bien rémunérer les détenteurs du capital. La croissance par tête cesse alors : c'est ce que Solow appelle l'état régulier.

 

Il ne s'agit pas de l'état stationnaire prédit par les classiques - David Ricardo et John Stuart Mill - plus d'un siècle auparavant. Dans l'état stationnaire, en effet, plus rien ne bouge : la société est allée jusqu'au bout de l'évolution envisageable. Au contraire, l'état régulier dépend du coût relatif du capital. Si ce dernier diminue - par exemple parce que le coût relatif du travail augmente et que, selon une problématique très néoclassique+, cela incite les entreprises à substituer du capital au travail -, alors l'investissement par tête va augmenter à nouveau... jusqu'à ce qu'un nouvel état régulier soit atteint, parce que le coût du capital additionnel l'emporte sur ce qu'il permet de produire en plus.

 

Le modèle de Solow est " élégant ", comme on dit. Certes, il repose sur des hypothèses de type néoclassique que l'on peut discuter : toute l'épargne est investie, les rendements sont décroissants, on peut substituer du capital au travail dans la façon de produire et cela dépend du coût relatif de l'un et de l'autre, la concurrence empêche l'existence de rentes de monopole et impose des prix que les producteurs ne peuvent manipuler. Mais il rend compte de deux faits importants. D'abord, le niveau de production d'un pays est déterminé par l'investissement par tête qui y est effectué : tant que le niveau d'état régulier n'est pas atteint, un investissement supplémentaire est générateur de croissance économique et, par conséquent, entre deux pays, celui qui investit moins connaît aussi une croissance économique moindre. Ensuite, il explique bien les phénomènes de rattrapage des pays qui ont commencé leur croissance économique plus tardivement que les autres .

 

 

 

Toutefois, sur un point au moins, le modèle de Solow est très éloigné de la réalité : il aboutit à la conclusion que la croissance économique par tête diminue peu à peu, puis finit par cesser. Or, ce n'est pas ce que l'on observe : même si c'est à un rythme ralenti, la croissance économique demeure un fait majeur de toutes les économies développées, et l'existence d'un état régulier paraît plus que problématique.

 

Le progrès technique, un facteur tombé du ciel

 

Pour se tirer d'affaire, Solow a donc dû imaginer l'intervention d'un troisième facteur, en plus du travail et du capital, pour expliquer la croissance à long terme : le progrès technique. Un facteur un peu particulier, puisqu'il accroît l'efficacité productive des deux autres, un peu comme le rhum accroît l'arôme du gâteau. Mais un rhum particulier, qui tombe du ciel. Au moins, on sait d'où viennent le travail et le capital : dans l'analyse néoclassique+, apporteurs de travail et apporteurs de capital accroissent ou diminuent leurs apports en regardant si cela vaut ou non la peine, c'est-à-dire si la rémunération qui en résultera est ou non supérieure à ce que coûte l'apport, en coût ou en " désutilité ".

 

Mais pour le progrès technique, rien de tel : c'est un facteur qui tombe du ciel, puisque, bien qu'il permette de produire plus, il n'y a pas besoin de le rémunérer, il n'appartient à personne et l'on ne sait au juste ce qui explique qu'il soit plus ou moins intense. Grâce à lui, la citrouille se transforme en carrosse, sans que ce soit réversible lorsque sonnent les douze coups de minuit. D'où le nom de " facteur exogène " donné à ce progrès technique+ miraculeux, qui engendre des externalités, c'est-à-dire des effets positifs (ici en termes de production, donc de revenu), sans que personne n'ait à débourser quoi que ce soit. Le modèle de Solow n'explique pas la croissance : il explique simplement qu'il devrait y avoir une tendance à la stagnation du produit par tête, mais que - oh ! miracle ! - le progrès technique tombé du ciel empêche qu'il en soit ainsi. Situation évidemment gênante, " mesure de notre ignorance ", selon l'expression consacrée, puisque ce progrès technique résulte en fait de ce que l'on ne peut attribuer ni au travail ni au capital dans les gains de productivité.

 

Dans un premier temps, les économistes se bornèrent à tenter d'enrichir le modèle de Solow, qui rend si bien compte des différences de taux de croissance+ d'un pays à l'autre, notamment en y intégrant la notion d'investissement en capital humain+, sous l'impulsion de Gregory Mankiw, David Romer et David Weil (1), assimilée à un investissement tout court. Si une formation - ne serait-ce qu'apprendre à lire et à compter - permet de transformer du travail non qualifié en travail plus qualifié, donc d'utiliser des équipements plus complexes et d'en tirer meilleur parti, le niveau technologique du pays tout entier augmente et, du même coup, son état régulier et son rythme de croissance. Certes, ce modèle complexifié continue de devoir faire appel au progrès technique+ tombé du ciel pour expliquer que la croissance ne ralentit pas au fur et à mesure que l'on approche de ce nouvel état régulier. Mais l'investissement éducatif permet en quelque sorte d'" endogénéiser " une partie de ce progrès technique.

 

Dans cette problématique, la formation rend l'apport du facteur travail plus efficace, ce qui contribue à stimuler la croissance économique, sans qu'il soit nécessaire de faire appel autant que dans le modèle de Solow au progrès technique. Contrairement à l'investissement matériel, qui engendre des rendements décroissants, l'investissement humain engendre des rendements constants (toute année de formation supplémentaire augmente l'efficacité du travail dans la même proportion) qui empêchent que la croissance ralentisse (ou qui permettent à la croissance de moins ralentir) : comme la ligne d'horizon, l'état régulier est repoussé au fur et à mesure que l'on s'en approche... à condition que le niveau de formation s'élève.

 

Paul Romer, ou la théorie de la croissance endogène

 

Toutefois, même dans ce modèle enrichi, le rôle du progrès technique+ exogène, tombé du ciel, subsiste : être capable de se servir d'outils de plus en plus performants n'explique pas pourquoi ces outils sont de plus en plus performants ni pourquoi des produits nouveaux apparaissent. On doit à Paul Romer (2) la formulation initiale de ce qui est devenu la théorie de la croissance endogène. Elle repose sur l'analyse des conditions économiques qui favorisent le changement technique. Chaque changement technique provient d'une idée mise en forme et testée. Si, souvent, cette idée germe dans le cerveau d'un spécialiste, chercheur ou technicien, ce n'est pas forcément le cas (un scénario de roman, par exemple).

 

Toutefois, entre l'émergence d'une idée nouvelle et sa mise en oeuvre concrète, il peut y avoir un très long chemin, fait de déboires, d'essais et d'erreurs, d'idées supplémentaires apportées par d'autres, de tests, etc., chemin qui nécessite habituellement le concours de plusieurs, voire de nombreuses, personnes. Bref, des coûts de mise au point qui peuvent être élevés. En revanche, une fois ces étapes franchies, si l'idée se révèle positive, le produit qui en résulte peut être multiplié avec un coût bien moindre : la première fusée, le premier satellite, le premier moteur Diesel, le premier transistor, le premier disque compact ou le premier ordinateur personnel ont nécessité des efforts colossaux de la part de ceux qui les ont mis au point ; mais leur reproduction à l'identique a été beaucoup plus facile.

 

Les idées ont un rendement croissant

 

Le propre des idées qui provoquent des changements techniques est que, une fois les plâtres essuyés, elles donnent naissance à des rendements croissants (les exemplaires suivants coûtent nettement moins cher que le premier) et parfois fortement croissants : recopier un logiciel ne coûte rien. Si bien que, pour celui (ou ceux, le plus souvent) qui s'est échiné à transformer l'idée en produit concret, le risque existe que des petits malins en profitent et que lui ne récupère jamais son investissement initial, alors que les petits malins s'enrichissent. Heureusement, les droits de propriété intellectuelle limitent ce risque : brevets ou copyright protègent l'inventeur, qui dispose d'un monopole d'exploitation (limité dans le temps) sur l'oeuvre ou le produit tiré de son idée et de son travail.

 

D'un point de vue économique, c'est donc l'absence de concurrence qui rend possibles ces produits nouveaux ou ces techniques nouvelles. A défaut, les idées nouvelles tombent dans le pot commun et enrichissent l'ensemble de l'humanité, pas forcément leur inventeur. C'est d'ailleurs de cette façon que s'est constitué l'essentiel des connaissances humaines, qu'il s'agisse de l'écriture, de la comptabilité en partie double ou de la théorie de la relativité. Et c'est justement lorsqu'on souhaite que les idées nouvelles bénéficient à tous (dans le jargon économique, on parlera d'externalités+ positives) qu'il devient nécessaire d'en faire supporter le coût par la collectivité : ainsi, le financement+ de la recherche fondamentale est public, afin que chacun puisse librement accéder à ses résultats et que les bénéfices externes soient aussi grands que possible. C'est donc un bien collectif+(3) : tout le monde paye (par l'impôt), parce que tout le monde en bénéficie, immédiatement ou à long terme.

 

Pour Romer, l'affaire est entendue : le changement technique est d'autant plus intense que les innovateurs en espèrent un profit élevé. Le progrès technique+ ne tombe pas du ciel, il est produit. Et son niveau de production dépend de la rémunération attendue, sous forme de droits de propriété, donc de rente+ de monopole+, ce qui implique une concurrence imparfaite. Si, au travail et au capital utilisé pour produire on ajoute des idées génératrices de changement technique, tout est modifié. Car, contrairement au capital, dont le rendement est décroissant, ou au travail, dont le rendement+ n'est constant que si on effectue sans cesse un investissement humain supplémentaire, les idées ont un rendement+ croissant : plus on s'appuie sur un stock d'idées existantes important, plus on aura de nouvelles idées. Et plus la population augmente, plus cet effet multiplicateur sera important, parce qu'elles donneront de nouvelles idées à davantage de gens : contrairement aux produits économiques habituels, les idées sont " non rivales ", disent les économistes ; ce n'est pas parce que d'autres les font leurs que j'en suis privé, c'est plutôt l'inverse qui est vrai.

 

L'histoire des techniques a en quelque sorte tendance à s'accélérer, parce que chaque idée nouvelle apparaît d'autant plus facilement qu'elle s'appuie sur un stock important d'idées antérieures grâce auxquelles elle fructifie, conformément à la célèbre phrase d'Isaac Newton : " J'ai vu plus loin parce que j'étais assis sur les épaules de géants "(4). Chaque idée ouvre le champ à d'autres idées potentielles, selon un cheminement arborescent. Par conséquent, en l'absence de progrès technique+, le modèle de Solow (enrichi par Mankiw) s'applique : en particulier, à long terme, la croissance ne dépend pas du taux d'investissement+. Mais le progrès technique+ existe, et il est d'autant plus intense que le nombre de chercheurs est élevé et que le stock de connaissances est important.

 

Quant au nombre de chercheurs, il dépend lui-même, on l'a vu, de la capacité du système économique à leur offrir des rentes+ de monopole+ en cas de réussite, grâce à la protection dont eux-mêmes (ou leurs institutions) jouissent sur l'exploitation de leurs idées. Si bien que, pour Romer, à long terme, le rythme de croissance ne va pas en déclinant au fur et à mesure que l'on s'approche de l'état régulier, comme le prétendait Solow. Il dépend du nombre, de la proportion et de la productivité+ des chercheurs, cà-dire de la capacité des rendements croissants de la recherche à compenser les rendements décroissants de l'investissement matériel.

 

Contrairement aux approches néoclassiques+ habituelles, Romer reconnaît volontiers que la main invisible+ du marché ne suffit pas à assurer une croissance maximale à long terme. L'Etat a un rôle important à jouer. Curieusement, ce n'est pas par le biais de la dépense publique en faveur de la recherche : Romer ne croit pas que cela puisse accélérer durablement le progrès technique+, contrairement à d'autres modèles ultérieurs de croissance endogène+, celui de Philippe Aghion et Peter Howitt, notamment (5). C'est plutôt que le marché ne rémunère pas les " externalités+ de connaissance ", c'est-à-dire le fait que chaque idée nouvelle accroît la probabilité d'idées nouvelles à venir et que, même s'il existe une rente+ de monopole+ pour celui qui traduit une idée en produit nouveau ou en technique nouvelle, cette rente+, dans nombre de cas, est bien inférieure aux bénéfices sociaux que l'ensemble de la population en retire (la découverte d'un nouveau vaccin, par exemple).

 

L'Etat au secours des innovateurs

 

Spontanément, le marché tend donc à sous-rémunérer les producteurs d'idées nouvelles, ce qui freine l'effort de recherche-développement par rapport à ce qu'il pourrait être. La responsabilité de l'Etat est donc de veiller à une fiscalité+ compensatrice (moindre taxation des bénéfices issus des produits nouveaux), de ne pas décourager les innovateurs sous prétexte de lutte contre les pratiques anticoncurrentielles et de mettre en place des infrastructures (y compris juridiques) qui encouragent la recherche-développement et facilitent les externalités+ de connaissance. C'est d'ailleurs exactement au nom d'un de ces arguments que la justice fédérale américaine a abandonné une bonne partie des poursuites contre Microsoft...

 

On comprend que les théories de la croissance endogène+ aient déstabilisé pas mal de monde. Elles reposent sur l'idée, déjà proposée par Schumpeter, que la concurrence parfaite+ est mortifère et que la dynamique économique a besoin de concurrence imparfaite et d'intervention publique pour veiller au grain. Et elles postulent que, sur le long terme, ni le taux d'investissement+ ni l'effort de formation ne suffisent à assurer une réduction des écarts de développement entre pays (voir encadré). C'est, si l'on ose dire, " économiquement incorrect ". Robert Barro (voir " Pour en savoir plus ") vient d'y rajouter un " politiquement incorrect ", en soutenant, à partir d'une analyse empirique, que, dans les pays en développement+, un peu de démocratie peut améliorer les choses, trop de démocratie les aggraver.

 

Même si une telle conclusion repose sur des bases bien fragiles - l'examen d'une corrélation éventuelle entre rythme de croissance et régime politique - et si, au surplus, comme l'a montré le prix Nobel Amartya Sen, elle s'appuie sur une conception bien restrictive de la croissance, qui méconnaît les analyses en termes de développement humain (6), elle révèle ce qui est, au fond, la principale faiblesse de cette analyse : comme le disait déjà Claude Henri de Saint-Simon au début du XIXe siècle, ce sont les savants qui font l'essentiel de la richesse d'un pays, l'Etat un peu et le peuple pas du tout. Est-ce si sûr ?

 

Pour en savoir plus :

 

            Les nouvelles théories de la croissance, par Dominique Guellec et Pierre Ralle, coll. Repères, éd. La Découverte, 2001. Un exposé limpide, mais dense. Sans doute la meilleure présentation d'ensemble.

            Théorie de la croissance endogène+, par Charles I. Jones, éd. De Boeck, 2000. Par un des spécialistes américains, une présentation pédagogique (relativement peu d'équations) et appuyée sur de nombreuses analyses empiriques de la croissance observée depuis trente ans dans les différents pays du monde. Sceptique sur la question des rendements croissants de la recherche.

            Les facteurs de la croissance économique, par Robert J. Barro, éd. Economica, 2000. Par un des théoriciens des anticipations rationnelles, une analyse empirique de l'influence d'un certain nombre de facteurs (termes de l'échange, taux d'imposition, taux d'épargne, etc.) sur la croissance à long terme dans les différents pays du monde. Il conclut à une convergence potentielle.

            L'économie de la connaissance, par Dominique Foray, coll. Repères, éd. La Découverte, 2000. Bien qu'il ne porte pas sur les théories de la croissance endogène, ce petit livre exceptionnel de clarté et de finesse permet de mieux comprendre la notion de biens non rivaux et non exclusifs à la base de ces théories.

            Théorie de la croissance endogène+, par Philippe Aghion et Peter Howitt, éd. Dunod, 2000. Une présentation très formalisée et hautement théorique par les deux principaux économistes de ce courant de pensée. L'ouvrage de référence, à réserver aux familiers de l'analyse économique mathématisée.

 

 

(1) " A contribution to the Empirics of Economic Growth ", Quaterly Journal of Economics, mai 1992.

 

 

(2) A ne pas confondre avec David, qui a enrichi le modèle de Solow. La contribution de Paul Romer, qui est considérée comme l'article fondateur de la théorie de la croissance endogène+ (et dont on peut trouver une intuition dans un article d'Edmund Phelps de 1966, " Models of Technical Progress and the Golden Rule of Research ", Review of Economic Studies n° 33), est parue dans le numéro d'octobre 1986 du Journal of Political Economy, sous le titre " Increasing Return and Long-Run Growth "

 

 

(3) On comprend que le risque d'une privatisation+ (par dépôt de brevets ou de droits de propriété) des résultats de la recherche fondamentale (sur le vivant, par exemple) inquiète beaucoup la communauté scientifique : le bien collectif+ correspondant disparaîtrait au profit de mécanismes de marché.

 

 

(4) La phrase est en fait de Bertrand de Chartres et a été reprise par Newton, à qui elle est souvent attribuée. Quel qu'en soit l'auteur, cette idée que nous sommes héritiers de ceux qui nous ont précédés fonde la proposition d'allocation universelle : notre efficacité d'aujourd'hui dépend d'un bien commun dont chacun de nous a hérité en indivision, le stock de connaissances antérieures accumulé, et qui justifie qu'une partie du revenu issu de l'activité productive soit redistribuée à chacun des indivisaires.

 

 

(5) Modèle exposé notamment dans un livre dont la traduction est parue chez Dunod en 2000, Théorie de la croissance endogène+, au contenu très mathématématisé.

 

 

(6) Voir Alternatives Economiques n° 194, juillet-août 2001.

 

 

Alternatives économiques, n° 198 (12/2001)

 Page 79

Auteur : Denis CLERC.